Comment se forment les candidat·e·s aux mandats électifs locaux ?

Et comment les Sénateurs Henri CABANEL et Joële LABBE répondent à cette question par une proposition de Loi 530 pour renforcer les droits et devoirs des élus ?

Hier, 25 juillet 2018, je suis allé rendre visite au Sénat , à Monsieur le Sénateur Henri Cabanel, et cette rencontre que j’ai beaucoup apprécié, m’a donné envie de partager avec mon cher réseau la teneur de nos échanges.

Un coiffeur, un boucher, un boulanger, un artisan en général ne peut exercer une activité, qu’en ayant une formation en amont. Pour certains d’entre eux, un diplôme est même indispensable pour avoir le droit de s’installer et de faire son métier.

Et pour un·e élu·e qui prend la tête d’une commune où il a devoir gérer un budget, la plupart du temps hors de proportion avec son budget familial, gérer des équipes parfois très importantes, animer des réunions, prendre des décisions qui engagent durablement la vie de leurs concitoyens, …? Une formation est-elle requise? Que nenni, la bonne tête et la faconde suffisent comme diplôme, alors qu’il /elle peut n’avoir jamais auparavant exercé le type de missions auxquelles il/ elle va être confronté·e, en engageant pour 6 ans le destin de sa commune. Surprenant, non? Mais en fait l’élection rend sans doute omniscient, puisque dès son élection, le/ la nouvel·le édile va devoir répondre à des questions, dont il ignorait tout des réponses la veille.

Ce n’est pas une critique, mais un constat que j’ai pu faire quand je suis moi-même devenu Maire de ma petite commune. Et je me suis alors posé 2 questions clés : que dois-je faire pour ma commune (dans quel état est-elle précisément et quelles sont les priorités d’action ?) et comment vais-je apprendre à le faire ? Cela, c’était en 2001, après un premier mandat d’adjoint où je n’avais pas pu beaucoup de réponses à ces 2 questions… parce que mes prédécesseurs n’avaient pas de réponses à me donner en ce domaine.

En j’ai donc appris “sur le tas” le métier, comme le font tous les élus. Pour les plus grandes communes, ils ont la chance de disposer d’équipes d’agents et de cadres territoriaux qui vont leur permettre de répondre plus rapidement à une partie des questions (et déléguer la responsabilité de le faire). Pour le Maire d’une petite commune… c’est une autre “paire de manches”. Car il ne peut pas compter sur beaucoup d’aides (je n’avais dans mon cas que 20% de secrétariat, 7 heures par semaine).

Deux sénateurs, Henri Cabanel, sénateur de l’Hérault , et Pierre Labbé, sénateur du Morbihan, ont pris conscience de ce manque, et du risque que cela présentait pour la vie démocratique et présenté un projet de loi pour améliorer le statut de l’élu, et renforcer les droits et devoirs des élus. Ce texte, le projet de loi 530 est en cours de discussion au Sénat.

Ce texte préconise entre autres, la mise en place d’une plateforme numérique d’information et de formation à destination des candidats (aux élections). Il représente donc une avancée très intéressante pour que les nouveaux élus (potentiels) se forment en amont de leur mandat. J’ai pour ma part, avec ma casquette d’ancien élu trouvé formidable cette idée.

C’est donc pour cela, que je suis allé rendre visite au Sénat, cette chaude journée du 25 juillet 2018, à Monsieur le Sénateur Henri Cabanel. Il m’a reçu fort aimablement avec sa directrice de cabinet, Madame Florence Combes-Boulard. Une directrice de cabinet pour la fonction de Sénateur ? Étonnant, non ? Oui, tout comme la certification RSE du Sénateur (Responsabilité Sociétale des Entreprises). En fait c’est parce qu’il a souhaité d’emblée clarifier le rôle de ses collaboratrices, et le bon emploi de l’argent public qui en découle, que le Sénateur Henri Cabanel a demandé à l’AFNOR de certifier RSE son cabinet parlementaire… Comme une entreprise. Cela a d’ailleurs surpris l’AFNOR au premier abord, car aucun parlementaire n’avait demandé cela à cejour. Et c’est maintenant chose faite.

Si je vous relate cette information, c’est qu’elle me semble représentative de l’état d’esprit de ce Sénateur, qui a à cœur de porter les valeurs républicaines dans tous ses actes, de soutenir les petits élus locaux et de (re)donner goût à des citoyens dans l’engagement au service de notre démocratie.

 

Il n’est naturellement pas le seul à défendre ces valeurs, mais en découvrant cet acteur parlementaire mais aussi cet acteur de terrain (il est conseiller municipal de sa commune de l’Hérault), j’ai grandement apprécié cet engagement qui vont au-delà du clivage de telle famille politique, dont il fait partie. Et le combat qu’il mène rejoint mes propres convictions de la nécessité de ré-impliquer les citoyens dans les affaires publiques, par l’exemplarité … des élus locaux (je ne suis pour ma part pas adhérent à quelque parti politique). Le projet de Loi a d’ailleurs impliqué les élus de terrain au travers d’une enquête, mais aussi les citoyens via le site « Parlement et citoyens »

 

Et c’est à propos de tout cela que je suis venu échanger hier, avec Monsieur le Sénateur et sa collaboratrice. Mes 3 mandats au service de ma commune m’ont permis de créer 2 outils numériques qui vont exactement dans le sens soutenu par Henri Cabanel, de mettre à disposition des élus des ressources pour leur engagement au service de leur territoire et revivifier ainsi la démocratie participative locale.

Un premier outil dont j’assure le développement depuis plus d’un an, est une “plateforme numérique d’information, de formation et de partage pour tous les élus locaux de France” (les 525 000 conseillers municipaux). Cela vous rappelle peut-être certains termes du projet de loi ? Effectivement il y a une convergence certaine avec l’esprit de la Loi, mais cette plateforme s’adresse à tous les élus pour les accompagner dans leur voyage, comme un viatique. Et c’est pourquoi elle s’appelle la “Viatic Académie“. C’est une “académie des élus” en ligne qui offre (gratuitement) à tous les élus de France des ressources au format vidéo, sur des retours d’expérience des élus, et des “paroles d’expert”, avec un espace de collaboration pour que les élus viennent se faire “la courte échelle” et s’entraider dans une communauté de projets et de partage de bonnes pratiques, à l’échelle de notre Pays. Elle est accessible à toutes les personnes qui sont impliquées dans un mandat local (élus et territoriaux): academie.viatic.net. Testez-là, et je serai intéressé par votre retour sur son ergonomie et sur les contenus à développer. Vous êtes les bienvenu·e·s !

 

L’autre outil que je me suis auto développé pendant mes mandats de maire, pour mes propres besoins d’élu local, est une matrice d’autodiagnostic, (un 360° de ma commune) qui m’a ainsi permis d’avoir un état des lieux complet de ma commune, un “tableau de bord ” qui m’a permis de savoir tout ce qui était “vert, orange ou rouge” dans ma commune. Et j’ai ainsi pu répondre avec mon conseil à la question “quelles sont les priorités d’action dans ce mandat” ? Cet outil, je suis entrain de le modéliser pour le diffuser, comme outil d’auto-diagnostic à toutes les communes qui le souhaiteront, et au delà comme outil de gouvernance des EPCI, avec un lien direct entre les élus des différents niveaux.
Et c’est avec Troyes Champagne Métropole, que j’aurai le plaisir de développer concrètement cet outil pour en faire un outil de pilotage communal, mais aussi un outil au service de la gouvernance de “l’étage du dessus” avec un lien direct avec les communes. Et cet outil pourra ensuite être mis à disposition de toutes les communes et tous les EPCI qui le souhaiteront.

C’est donc pour répondre à cette question “comment se forment les candidats aux mandats électifs locaux ? “, que je suis allé rencontrer Monsieur le Sénateur Henri Cabanel, et j’en suis revenu avec des pistes de réponses concrètes, mais aussi avec le plaisir d’avoir rencontré un homme de terrain et de convictions, un Sénateur atypique, qui donne envie de faire de la Politique (avec un grand “P”), au service de notre démocratie.

Et cela m’a donné envie… de vous donner envie ;-). L’engagement au service de sa commune et de son territoire est un projet super et qui vaut la peine d’être vécu, mais il vaut mieux bien s’y préparer et se former !