Conseils municipaux : la parité laisse encore à désirer

Bien qu’elle soit désormais obligatoire au sein des communes de plus de 1000 habitants, la parité hommes/femmes a encore des progrès à faire. Explications.

Parité du premier magistrat : une faible avancée

Lors du précédent mandat, les femmes maires représentaient 16% des édiles de France. A l’issue du premier tour des municipales 2020, elles sont désormais 19.2%. Bien que ce chiffre soit amené à changer très légèrement après le second tour qui aura lieu ce 28 juin, la parité est loin d’être atteinte.

D’après le Haut Comité à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) :

« le partage du pouvoir n’atteint pas le haut de la pyramide. L’exercice du pouvoir reste aux mains des hommes ».

Moins de femmes dans les grosses communes

Il semblerait que la taille des communes ait une incidence sur la parité. Dans les communes de plus de 30 000 habitants, les femmes maires ne représentent plus que 12%. Plus la notion de pouvoirs et de responsabilités augmente, et moins les femmes sont présentes.

Et chez les adjoints : même constat

La parité est imposée pour les communes de plus de 1000 habitants, avec une stricte alternance homme/femme. De ce fait, il est facile de penser que même si plus de 80% des maires sont des hommes, le reste du conseil est un peu plus égalitaire. Eh bien… non. En effet, la règle de la parité ne s’applique qu’à partir des postes d’adjoints, celui du maire étant distinct. Il est donc tout à fait possible d’élire un homme à la fonction de maire et un homme premier adjoint. Ce qui a pour résultat de composer les conseils municipaux à 80% de maires et 71.5% de premiers adjoints masculins.

Les pistes envisagées pour une amélioration

Il semble donc que lorsqu’elle n’est pas encadrée par des règles de contraintes, la parité réelle soit compliqué à obtenir.

En ce sens, le HCEfh préconise de

« prévoir des règles à tous les niveaux, pour éviter que les habitudes sexuées se maintiennent et combler toutes les zones blanches de la parité. ».

Dans un avis rendu le 18 avril 2018, le HCEfh propose de “garantir” le partage du pouvoir à égalité en lieu et place de le “favoriser”.

Il s’agirait, par exemple, d’appliquer la parité aux fonctions de maire et de premier adjoint pour les communes et aux fonctions de président et de premier vice-président pour les intercommunalités. Les deux fonctions ne pourraient pas être exercées par deux élus du même sexe. Le HCEfh recommande également d’élargir l’obligation de parité aux communes de moins de 1000 habitants, ou encore d’instaurer un « tandem paritaire » à la tête des collectivités.

En résumé, la parité a encore du chemin à parcourir avant de devenir une réalité, et ce chemin est semé d’embûches. Difficile notamment de ne pas penser aux petites communes, qui peinent parfois à trouver des candidats pour siéger au conseil municipal, et pour qui de nouvelles règles compliqueraient fortement la tâche. En attendant, souhaitons que le second tour des municipales fasse émerger un certain nombre de femmes maires, et fasse progresser la parité. Mesdames, les communes ont besoin de vous !

Sources :

Parité : retour à l’anormal dans les conseils municipaux – courrierdesmaires.fr

Parité dans les exécutifs locaux : une occasion manquée ? – haut-conseil-egalité.gouv.fr

L’application des règles de la parité aux élections municipales : quel bilan ? – vie-publique.fr

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