Les élus locaux et la « participation citoyenne »

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Quand on demande à un maire s’il implique les citoyens dans les décisions relatives à l’évolution de leur commune, il est très rare qu’il réponde « Non ». Mais la dimension de cette participation citoyenne peut être très « élastique », entre donner de l’information… et mettre en œuvre un budget participatif.

Ainsi un maire rencontré ces jours derniers, à qui je demandais comment il allait impliquer ses citoyens pour mettre en place un nouveau plan de circulation pour sa commune, m’a répondu : « je vais faire une réunion publique ».

Il ne s’agit pas dans cet exemple de consultation citoyenne, mais plutôt d’une information descendante (certains diraient condescendante) … car il est très difficile à un citoyen d’exprimer un avis contraire à celui présenté par le représentant élu de la commune. Surtout devant une assemblée compte tenu de la pression de conformité de tout groupe. Et de toute façon, son avis n’engage que lui ; sauf s’il arrive à fédérer d’autres citoyens avec lui, et à créer une « association de défense de … »

Quand un citoyen n’a pas le sentiment d’être entendu, il peut mettre un « gilet », se murer dans le silence … ou devenir un déçu – actif ou non – de la politique (c’est-à-dire de la gestion de la cité).

groupe de personne

Quels modes de participation citoyenne peut donc promouvoir un élu, s’il veut impliquer les habitants de sa commune?

Le niveau minimal, nous venons de le voir, c’est d’informer les habitants des évolutions prévues dans le cadre du mandat des élus, qui vont avoir une conséquence pour eux. Et c’est déjà un point important, car tous les citoyens ne sont pas avertis par leurs élus des projets de leur commune.

Le niveau suivant, c’est d’interroger les citoyens pour avoir leur avis, connaitre leurs besoins, ou leurs « soucis », et de les prendre en compte dans sa décision (en retenant ou non cet avis). Cela peut être traduit par une consultation sur un projet, par exemple.

Une marche au-dessus consiste à associer les citoyens au choix des priorités des actions à mener pour leur commune, ou d’une partie qui les concernent (leur quartier, leur rue, leur équipement sportif ou culturel, …)

Encore un cran plus haut, l’élu peut associer les citoyens à la recherche et au choix des solutions aux problèmes qui ont été retenus comme prioritaires, par les élus ou les citoyens eux-mêmes.

Enfin, les citoyen peuvent être conviés à la conception et à la réalisation de la solution, dans le cadre de ce qu’on appelle un budget participatif, où le conseil municipal vote une partie de budget consacrée à un projet où les citoyen vont participer à la mise en œuvre effective du travail de réflexion auquel ils ont contribué.

La notion de démocratie participative (le pouvoir du peuple) peut donc être différemment prise en compte par les élus ; dont la fonction est précisément de représenter leurs concitoyens… en tenant compte de leurs besoins.

La démocratie participative: un exercice délicat mais un investissement d’avenir

Les niveaux « supérieurs » de la participation citoyenne sont évidemment plus délicats à gérer, et prennent plus de temps que la simple information. Mais un citoyen impliqué dans la mise en œuvre d’une décision devient tout aussi évidemment un ambassadeur du projet qu’il a mené.

Et comme nous le savons tous, nous avons toujours plus confiance en nos pairs… qu’en nos « ex pairs » ( c’est-à-dire les élus locaux et leurs conseillers 😊).

OK, facile à dire, mais comment le faire concrètement ? Nous y viendrons dans un prochain article.

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