Maires face au COVID-19 : à quoi ressemble le plan D(éconfinement) ?

Temps de lecture : 5 min

Présenté hier à l’assemblée par Edouard Philippe, le plan de déconfinement a été adopté dans l’urgence. Le but est de permettre un retour très progressif à une vie plus « normale » tout en garantissant la sécurité sanitaire de la nation.

Objectif 11 mai… peut-être

C’est un peu la douche froide, bien qu’il fût facile de le voir venir, de ce plan de déconfinement :  rien n’est sûr. La date du 11 mai annoncée par le chef de l’Etat lors de sa dernière allocution, ne sera tenue qu’en cas de situation sanitaire satisfaisante en France. Si l’engorgement des hôpitaux, notamment dans certaines régions, n’est pas résorbé, alors le déconfinement sera repoussé.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement a choisi d’appliquer une carte des départements « verts et rouges ».
En vert, les départements dont la situation sanitaire permet l’application du plan de déconfinement.
En rouge, ceux où la surcharge des hôpitaux et le nombre de cas de COVID-19 obligent à repousser le déconfinement et/ou le rendre plus strict que les mesures annoncées.

Afin de déterminer la « couleur » d’un département, 3 critères seront observés le 7 mai :

  • La circulation active du virus,
  • les capacités hospitalières en réanimation qui resteraient tendues
  • et le système local de tests et de détection des cas contacts qui ne serait pas suffisamment prêt, a précisé le Premier ministre devant les députés.

Cette carte des départements sera révisée de façon quotidienne.

Cet article mettant l’accent uniquement sur quelques sujets du plan de déconfinement, voici une infographie « globale » des mesures annoncées afin d’y voir plus clair :

Retour à l’école : il y a du nouveau !

Alors qu’un calendrier de retour progressif avait été évoqué par le Ministre de l’Education Nationale, l’Etat a rebattu les cartes en opérant plusieurs changements à ce calendrier.

Désormais, le gouvernement « propose une réouverture très progressive des maternelles et de l’école élémentaire à compter du 11 mai. Elle se fera partout sur le territoire, et “sur la base du volontariat“.  Cet accès des plus jeunes à l’école ayant un double avantage. En effet il permet aux parents de reprendre une activité professionnelle. Elle permettra aussi de « garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d’entre eux, dont la scolarité souffre terriblement du confinement ».

Cette réouverture se fera sur la base du volontariat des familles.
Les élus locaux auront la charge de vérifier que toutes les conditions sanitaires sont bien réunies pour garantir un retour à l’école en sécurité. Il faudra notamment s’assurer que les classes ne comprendront pas plus de 15 élèves, en respectant une distance d’un mètre entre chacun. Concernant l’application des mesures, il n’y aura pas de règle générale, une souplesse étant accordée à tous les territoires : « les directeurs d’école, les parents d’élèves, les collectivités locales trouveront ensemble, avec pragmatisme, les meilleures solutions » dit le Premier Ministre.

Une réouverture des collèges pour les classes de 6ème et 5ème est envisagée pour le 18 mai. Pour tous les autres niveaux, une décision devrait être prise fin mai.

Grand point clé de ces réouvertures de classes : les masques. Ils seront obligatoires pour tout le corps enseignant et le personnel au contact des élèves, dès lors que la distanciation sociale ne peut pas être appliquée. Concernant les élèves eux-mêmes cela dépendra des niveaux. Le port du masque est prohibé en maternelle, car jugé « impossible » par le conseil scientifique. En ce qui concerne l’école élémentaire il n’est pas recommandé, compte tenu des risques de mauvais usage, a déclaré le Premier ministre. Les masques seront en revanche obligatoires pour les élèves à partir du collège, ils seront fournis à ceux « qui n’auraient pas réussi à s’en procurer ».

En parlant des masques…

Alors que des masques « grand public » sont désormais disponibles dans les tabacs et les pharmacies, les communes sont fortement incitées à s’en procurer afin de les distribuer à la population, même s’il ne semble pas y avoir d’obligations à ce sujet. De nombreuses collectivités ont pris les devants et n’ont pas attendu d’y être incité pour débuter la distribution de masques.

Concernant l’aspect financier de ces commandes, trois informations sont à noter. Premièrement, « Nous soutiendrons financièrement les collectivités locales qui achètent à compter de ce jour des masques grand public en prenant en charge 50% du coût des masques dans la limite d’un prix de référence » a promis Edouard Philippe. Et deuxièmement les préfets disposeront d’une enveloppe locale pour soutenir, avec les départements et les régions, les plus petites collectivités. Enfin « Nous réserverons une enveloppe hebdomadaire de 5 millions de masques lavables pour que les préfets organisent, avec les maires et les présidents de conseils départementaux, la distribution de masques à nos concitoyens qui se trouvent dans le plus grand état de précarité, via les CCAS et les acteurs associatifs » a annoncé le gouvernement.

Transports en communs

Les transports en communs, haut lieu de proximité sociale en temps normal, vont devoir s’adapter. En effet, en plus du port obligatoire du masque, une distance devra être tenue entre chaque usager. A ce titre, un siège sur deux devra être condamné afin de rendre impossible toute promiscuité immédiate.

Commerces, culture, loisirs, vie commune, etc.

Les commerces vont pouvoir à nouveau ouvrir leurs portes, tout en veillant bien entendu à la sécurité sanitaire de leur clientèle et personnels. Une exception est toutefois faite pour les centres commerciaux de plus de 40 000m², dont les préfets auront la charge de la décision d’une ouverture éventuelle.

  • Les bibliothèques, médiathèques et petits musées pourront rouvrir.
  • Les cafés, hôtels et restaurants attendent eux d’être fixé sur leur sort début juin.
  • Les grands musées, cinémas, grandes salles de spectacles restent fermés jusqu’à nouvel ordre.
  • Les salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées jusqu’au 2 juin.
  • Les mariages, baptêmes et autres événements seront limités à 10 personnes jusqu’à nouvel ordre
  • Les lieux de cultes restent eux fermés jusqu’au 2 juin.
  • Tous les grands événements rassemblant plus de 5 000 sont interdits au moins jusqu’au mois de septembre.

Rien n’est définitif

Alors même que la date du 11 mai pour un début de déconfinement n’est pas assurée, une révision de ces mesures sera faite toutes les trois semaines. En fonction de l’état sanitaire du pays, des assouplissements ou durcissements seront alors opérés.

Sources :

Edouard Philippe dévoile un plan de déconfinement a minima et départementalisé – courrierdesmaires.fr

Déconfinement : Ecoles, collèges, lycées… Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de les ouvrir à des dates si différentes ? – 20minutes.fr

Déconfinement: Les départements différenciés en « vert » ou « rouge » pour le 11 mai – 20minutes.fr

1 réaction sur “ Maires face au COVID-19 : à quoi ressemble le plan D(éconfinement) ? ”

  1. Michèle BOEUF Réponse

    Au vu de ces décisions, je ne vois rien de concret concernant les personnes de + de 70 ans!
    Je vais me référer aux dires de mon Maire qui est apte à gérer cette crise dans sa ville!

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