#Vlog 5 : Les élu·e·s locaux RIC et RAC

Voici le 5ème numéro de notre vidéoblog : « Maires et Pairs », pour lequel, je vous propose de nous intéresser à un sujet qui fait régulièrement la une des journaux et des ronds-points.

Par les élu·e·s locaux RIC et RAC, je ne vous propose pas ici d’aborder les problèmes de budget des élus, mais plutôt ce slogan tendance qu’est le RIC et un sujet qui aurait intérêt à le devenir, le RAC.

Le RIC

Le RIC c’est bien évidemment ce fameux Référendum d’Initiative Citoyenne, qui est apparu comme par enchantement dans le paysage politique Français… et que les Gilets Jaunes plébisciteraient… parait-il. Et le RAC ? c’est Le Recensement d’Actions Communales, qui vous est sans doute moins familier. C’est normal, c’est une appellation d’origine personnelle, non homologuée et non protégée qui pourrait recenser les besoins citoyens à prendre en compte dans les politiques locales.
Mais d’abord, comment est-on passé du rejet d’une taxe sur le pétrole à une demande de référendum, qui n’est pas habituellement ce qui passionne les foules ? Sans doute par la magie des partis à la manœuvre dans la mouvance fluo…récente, pour transformer une grogne citoyenne en un référendum… à leur avantage.

Or, nous savons tous par l’expérience des précédents référendums, que quelle que soit la question qui est posée, la réponse qui est apportée au référendum est beaucoup plus reliée au demandeur … qu’à la question elle-même. Ainsi la question posée lors du référendum de 2004 sur le traité Européen, qui a abouti à un « Non » à 55%, n’a sans doute pas été considérée majoritairement, comme essentielle dans le choix de la réponse. D’ailleurs qui a effectivement lu les 240 pages, de ce traité avant de se décider ?

Il y a fort à parier qu’il en sera, ou serait, à l’évidence de même maintenant, si un Référendum National est organisé sur quelque question que ce soit. Et certains l’ont bien compris, en cherchant à instrumentaliser la grogne des Gilets fluorescents. Le RIC est donc plutôt la demande de personnes intéressées à mettre l’exécutif en position de faiblesse, en capitalisant sur la grogne d’une micro partie de la population prête à se mobiliser grâce aux réseaux sociaux.

Mais derrière ce RIC, Regroupement d’Iconoclastes Contestataires, dont le nombre reste plutôt faible, 100 000 sur 66 000 000 de Français, c’est à dire environ 0,15% de la population Française, il y a selon les sondeurs un pourcentage beaucoup plus important, de l’ordre de 50% de citoyens qui ne désavouent pas ceux qui manifestent. Car eux aussi ont envie que certains de leurs besoins soient pris en compte. Et 50% ça vaut la peine de s’en préoccuper.

Le RAC

Et c’est là qu’intervient le RAC. Car les problèmes rencontrés par les citoyens ne dépendent pas que du pouvoir central de notre pays. Loin s’en faut !

La qualité de vie des citoyens au quotidien est d’abord l’affaire des élu·e·s locaux. Le cadre de vie, les conditions de déplacement, les services rendus à la population, et demain les conditions de biodiversité qui vont être vitaux pour le bien-être et peut-être la survie de notre espèce à moyen terme, vont dépendre certes de décisions nationales et internationales, mais aussi de décisions locales, qui sont du ressort des élu·e·s locaux. Les changements d’habitude en termes de mobilité, les circuits-courts pour l’alimentation, la transformation des pratiques pour la biodiversité sont autant des sujets d’intérêt locaux que de lois nationales.

Il y a donc un intérêt à se pencher dès maintenant sur les besoins des citoyens de proximité, et de fédérer les compétences et les bonnes volontés locales, en les associant aux décisions locales sur les évolutions et transformations qui vont devoir s’opérer sur leur territoire de vie ; indépendamment des lois qui seront votées sur le plan national. Et pour fédérer ces citoyens, il va donc falloir que les élu·e·s locaux proposent à leurs concitoyens des Recensements d’Actions Communales, pour les associer au choix des priorités d’actions.

Car il va bien s’agir de passer à des actions qui vont nécessiter la collaboration des citoyens, au-delà de leur consentement. Et ces actions ne les intéresseront que s’ils ont participé à leur gestation, sur un territoire proche de chez eux, qui les concernent directement : celui de leur commune.

Comment agir, quelles pistes pour arriver à mettre en œuvre des RAC ?

Les débats citoyens locaux, sont une piste de réponse. Mais dans de grandes collectivités, il est difficile de pouvoir échanger avec tout le monde. La démocratie est née dans des agoras où tout le monde pouvait s’entendre, si je puis dire, et où tout le monde devait pouvoir s’exprimer en étant audible.

Par ailleurs, un débat tous les 5, 6 ans ne permet pas de suivre en temps réel l’évolution des besoins des citoyens. Il est donc nécessaire de prévoir des moyens pour permettre une expression directe de tous, qui soit reliée aux élus, et qui puisse être régulièrement utilisée.

La blockchain permettrait de mettre en œuvre à moindre coût, des votations citoyennes, pour reprendre l’expression démocratique suisse, sur des sujets d’intérêt pour la commune et ses habitants : état des lieux, axes ressentis comme prioritaires, voire budget collaboratif sur une partie des projets. 

Et vous qu’en pensez-vous ?

Je vous invite à commenter, donner votre avis sur ce sujet et proposer les pistes d’action en ce domaine. Viatic travaille à la création d’un espace collaboratif d’aide au pilotage des collectivités qui implique élus locaux et citoyens dans la vie démocratique de leur collectivité. J’échangerai volontiers avec vous à ce sujet.

Et vous êtes bienvenus dans la Viatic Académie, l’académie en ligne des élus. il suffit de vous y inscrire. L’accès est ouvert et offert à tous les élus et à leurs collaborateurs.

Ce numéro de Maires et Pairs arrive à sa fin. Bonne semaine à tous dans vos territoires de RIC et de RAC.
A la semaine prochaine. Merci.

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